Les machines à coudre de cordonnier

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Pour aider à la prise de décision, si vous êtes dans une démarche d’achat de la machine qui vous sera la mieux adaptée, nous vous invitons à lire notre article « Choisir une machine à coudre – définition des besoins » en cliquant ici.

MACHINE À COUDRE DE CORDONNIER, C’EST QUOI ?

Une machine de cordonnier est une machine conçue pour la réparation de chaussures ou d’articles de maroquinerie, donc plutôt des objets en forme, non plats.
Les coutures de réparation doivent être solides, pour cette raison ces machines produisent un point droit noué (pas un point de chaînette) fonctionnant avec une toute petite canette car une réparation n’est généralement pas de grande longueur.

SINGER 29K71 années 50, peinture mate de type vermiculée. Berceau de type « canon » très fin pour accéder au fond d’une chaussure ou de la tige d’une bottine pour en recoudre le zip par exemple.

La partie inférieure, le berceau de la machine est de type canon très fin pour pouvoir enfiler dessus et coudre la tige d’une botte rigide, un fond de sac ou bien les soufflets d’un cartable.

Enfin, l’originalité d’une machine de cordonnier tient à 2 caractéristiques :

  • L’entraînement par le pied presseur
  • La possibilité d’orienter le pied presseur-entraîneur sur 360° de sorte que la machine peut coudre dans toutes les directions.
Couture en zigzag multiple avec une machine de cordonnier (ADLER 30-15) actionnée au pédalier. Également, démo d’un point de départ/point d’arrêt.

C’est ce que SINGER a dénommé Universal Feed Arm caractérisant ses cobbler sewing machines, en français « l’entraînement universel » pour « machine à coudre de cordonnier ».

C’est apparemment en Allemagne que sortira en 1869 le premier modèle de ce type de machine inventé semble t-il par la Nähmaschinenfabrik Claes & Flentje OHG à Mühlhausen.

SINGER Company sortira sa série 29 à entraînement universel pour le même type de travail en 1877 pour faire face à une demande pour ce type de machine très importante.

LA MACHINE DE CORDONNIER AUJOURD’HUI ?

LE MARCHÉ DU NEUF – Le marché de la réparation s’est essoufflé dans la société de consommation, par là même, le marché des machines de cordonnier. Mais ce type de machine intéresse aujourd’hui le secteur de la confection orthopédique réalisant toutes sortes d’articles en volume parfois assez rigides et comportant des systèmes d’attaches (boucles…).
C’est peut-être pour mieux coller à ce marché que beaucoup de ces machines sont aujourd’hui de couleur blanche (secteur de la santé) et servomotorisées pour les plus « haut de gamme ».

Particulièrement bien conçues dès l’origine, les machines actuellement disponibles sur le marché du neuf sont par ordre de perfectionnement :

  • des copies de Cylinder Elastik Maschine CLAES, Opel etc. fabriquées en Chine. Machine tout à fait basiques actionnées à la main ou à la pédale. Prix défiant toute concurrence (à partir de 150 €) mais attention, ces machines nécessitent presque assez souvent un travail herculéen de mise au point mécanique pour pouvoir coudre décemment.

  • des copies de SINGER classe 29 fabriquées en Chine aussi, baptisées et habillées plus ou moins prestigieusement. Prix possible pour la tête non motorisée et sans pédalier : 1.500 € bras court, petite canette. Qualité variable en fonction du vendeur, de son cahier des charges vis-à-vis du fabricant et éventuellement de son travail de préparation.

  • des évolutions des modèles RPX, Typ 200 Original-Elastik, Textima 8345 et Textima 8346 construits en ex-Allemagne de l’Est par Claes & Co. KG devenue en 1972 Spezialnähmaschinenwerk Mühlhausen, intégrée dans le Kombinat Textima, actuellement produits par CL Maschinenbau GmbH.
    Ces machines badgées CLAES 8346 ou PFAFF 8346 sont aujourd’hui servomotorisées en tête donc utilisables posées sur un établi ou un pied dédié, travail position assise ou bien debout.
    Les prix CL / CLAES ou PFAFF sont très élevés : 5.000 € hors-taxe sans pied.

LE MARCHÉ DE L’OCCASION – En occasion, si la recherche concerne une machine à peu près fonctionnelle pour une utilisation amateur, les offres sont nombreuses, essentiellement SINGER 29 et ADLER 30.
Pour une utilisation professionnelle notamment régulière ou intensive (coutures sur articles pollués par de la poussière de boue séchée ou du sable par exemple) il convient d’être attentif sur la sélection. La suite de l’article soulève des points essentiels du choix.

Pour les avoir restaurées et utilisées, voici notre avis sur 3 modèles de machines à coudre de cordonnier mais avant tout, quelques remarques générales importantes…

CRITÈRES DE CHOIX


DISPOSITION DU VOLANT DE MANŒUVRE

Sur une machine bras court, le volant fixé à droite accolé à la poulie n’est pas trop un problème. La possibilité de le monter en façade, c’est-à-dire face à l’opérateur, est un plus car il est ainsi plus facile à actionner.

SINGER 29K71, bras court. Le volant-manivelle monté ici en bout d’arbre convient parce que la machine est utilisée au pédalier. Si la machine devait être utilisée posée sur une table à la manivelle, il faudrait monter le volant en façade. Cette machine le permet mais certaines ne le permettent pas.

Sur une machine à bras moyen ou long, le montage possible en façade est tout simplement une obligation sans quoi l’utilisation est pénible voire impossible en cas d’utilisation « à la manivelle ».
Il est mécaniquement faisable (mais pas forcément intéressant) de convertir une 29K non équipée du montage de volant en façade (par exemple au cours d’une restauration). Coût des pièces : moins de 120€ en tout.

LONGUEUR DU CANON

Si la machine sert à faire des réparations ordinaires, un canon court (30 cm) ou moyen (37 cm) suffisent. Si la machine doit servir pour une clientèle de cavaliers (bottes), le canon long (44 cm et plus) s’impose.

CAPACITÉ DES CANETTES

Les navettes et canettes SINGER ou ADLER sont identiques et interchangeables entre elles.
Les navettes et canettes CLAES / TEXTIMA et PFAFF 8346 sont identiques et interchangeables entre elles.
Mais ces 2 systèmes sont différents et incompatibles.

On ne peut pas utiliser une petite canette dans une machine prévue pour une moyenne ou une grande ni une moyenne dans une grande (et inversement naturellement).

Petite capacité (Adler ou Singer de la présentation et la plupart des SINGER 29K, CLAES 8346-10) : 12 m de fil de 60/3 et 3 à 5 m de 20/3.

Moyenne capacité (CLAES 8346-20) : 15 m de fil de 60/3 et 4 à 6 m de 20/3 ;

Grande canette (CLAES 8346-30, SINGER 29K30, 29K31, 29K60, 29K171, 29K172, 29K60) : 25 m de fil 60/3 et 8 à 12 m de fil 20/3.

UTILISATION EN ATELIER OU NOMADE

En atelier, les machines sont montées sur un bâti comportant soit le pédalier soit la motorisation. La transmission se fait par courroie depuis le dessous du bâti.

Des professionnels travaillent en nomade, suivant des circuits équestres par exemple. S’ils travaillent avec une machine motorisée, leur choix se porte le plus souvent sur la Claes avec servomoteur intégré : la machine est transportable et peut se poser sur une table ou l’établi d’un atelier mobile.

Motorisation servo à aimants permanents. Le moteur est ici intégré à la tête permettant de poser simplement la machine sur un établi. Machine badgées CLAES 8346 ou PFAFF 8346.

En utilisation « à la manivelle », volant positionné en façade tout de même, une machine peut s’utiliser posée ou fixée sur un coin de table donc en nomade.
Un circumnavigateur nous avait d’ailleurs acheté une SINGER 29K71 reconditionnée pour l’embarquer tête nue sans pédalier sur un voilier de 45 pieds. Une option qu’il avait déjà largement testée et approuvée lors de nombreuses et diverses réparations en mer et en escale.

MOTORISATION

Ces machines sont prévues pour des coutures normalement courtes. Elles s’utilisent principalement en tenant l’ouvrage d’une main et en actionnant la manivelle de l’autre. L’utilisation du pédalier est tout à fait jouable. Évidemment, si maintenir l’ouvrage à 2 mains est nécessaire, la manœuvre devient sinon impossible du moins compliquée…

Une motorisation de type moteur transmetteur (à embrayage) y compris avec réducteur de vitesse est selon nous un pis-aller, une fausse amélioration. En effet, le dosage du couple lors des premiers points est difficile avec une matière dure ou épaisse : il faut contrôler la vitesse en tenant le volant de la main droite et donc lâcher l’ouvrage.
De plus, comme sur n’importe quelle machine avec moteur à embrayage, actionner le volant à la main exige d’appuyer légèrement sur la pédale d’accélérateur pour débrayer le mouvement. On s’y habitue mais ça ne devient jamais un plaisir.
Ceci concerne toutes les motorisations à embrayage y compris la Textima-Claes avec réducteur de vitesse.

Bâti en fonte d’une TEXTIMA CLAES 8346 (1990) « dans son jus ». Le moteur est à embrayage avec réducteur de vitesse 1:3 de sorte que la vitesse maxi de la machine s’établit à 250 pts/mn.

En conclusion, il n’est pas intéressant de payer plus cher une machine parce qu’elle possède un moteur de ce type.

Une motorisation avec un moteur à charbons (moteur universel) est absolument rédhibitoire. La première et seule chose à faire : démonter le moteur et travailler à la main ou à la pédale.

La seule motorisation valable est le moteur à courant continu de type servomoteur à aimants permanents.

En pratique, l’idéal serait indiscutablement un bon servomoteur avec système de positionnement d’aiguille. À notre connaissance, cette configuration n’existe sur aucune machine de série du marché du neuf, pas même sur les 8346 CLAES ou PFAFF (servomoteur mais sans positionneur).
Pour avoir cette fonctionnalité, il faut faire appel à un préparateur (voir suite de l’article) ou concevoir et adapter soi-même un montage particulier.

En Allemagne, un revendeur-préparateur indépendant propose une motorisation servo avec positionnement d’aiguille. Ceci n’est toutefois possible qu’avec un moteur sous table et non pas avec le moteur intégré. Prix sur demande… mais notre petit doigt nous souffle 10.000 € ttc au moins.

Ce préparateur propose une version « custom » de la 8346 avec positionnement d’aiguille.

Nous avons équipé une SINGER 29K56 d’une motorisation servo avec positionnement d’aiguille. Le confort, l’agrément et la facilité d’usage sont tout simplement stupéfiants.

Servomoteur avec positionnement d’aiguille : piqûre point par point, excellent contrôle de la vitesse et de la couture. Exécution facile d’un point d’arrêt.

MAINTENANCE , RÉPARATION ET DISPONIBILITÉ DES PIÈCES DÉTACHÉES

Ces vieilles machines de construction européenne sont extrêmement solides dans l’ensemble. Les artisans d’antan prenaient généralement soin de leur gagne-pain. Mais si pas mal de ces machines sont encore fonctionnelles, d’autres ont été mal utilisées ou laissées à l’abandon par des successeurs moins précautionneux. Considérons qu’une machine grippée demandera un gros travail de restauration et un budget pièces qui peut être important. Elle ne vaut plus grand-chose à l’achat, disons 50€.

Même parfaitement entretenues, ces machines comportent des pièces d’usure qui peuvent demander à être remplacées : crochet-navette, ressort de crochet, pignons et crémaillères d’entraînement navette, tendeurs de fil externes, tendeur de fil interne (dans la barre d’aiguille), passe-fils et bien entendu les galets (goujons roulants prenant le mouvement d’une came), voilà pour l’essentiel. D’autres pièces internes peuvent être usées si la lubrification de la machine n’a pas été rigoureuse. À voir au démontage.

Sur cette photo, on voit 2 des galets d’une SINGER. Ces galets doivent être régulièrement huilés et les pistes (sillons) graissés. Grippés, il s’usent rapidement en présentant des méplats et des jeux décalant la synchronisation de la machine.

Note : l’entraînement crémaillère/pignons de la navette est souvent oublié question lubrification (se reporter aux notices pour la lubrification). C’est un point important à contrôler notamment sur les ADLER.

Sur cette machine ADLER 30-15, système à 2 crémaillères et 1 pignon intermédiaire, le contrôle montre un groupe en bon état, à peine usé car régulièrement lubrifié et périodiquement nettoyé.

D’une manière générale, ces mécaniques ne sont pas des plus complexes, toutefois obtenir un fonctionnement fluide et un point parfait en nouage peut éventuellement être décourageant pour le mécano-amateur.

ADLER : à notre connaissance et après nombreuses recherches, pas de pièces détachées sauf crochets-navettes et canettes qui sont communes à SINGER.

SINGER : toutes les pièces 29K sont disponibles à prix modique. Fabrication le plus souvent chinoise mais parfaitement utilisable.

TEXTIMA / CLAES / LANDIS / PFAFF (mod. 8346) : toutes pièces disponibles mais à prix d’or. Ex. crochet-navette, de 230 à 300€, canette : 9€ pièce, ressort de canette : 20€, pignon porte navette : 200€, prix hors-taxe !

EN PRATIQUE

Franchement, les machines des 3 marques en revue font le boulot de réparation pratiquement de la même façon.

Exemple de couture réalisée avec une SINGER 29K71 correctement réglée.

D’une machine à l’autre, la qualité des points est sinon impossible à reconnaître du moins très proche.

Couture réalisée avec l’ADLER 30-15, fil guipé « Rasant » 25.

Seule la CLAES se distingue par sa longueur de point maxi de 7 mm alors que les SINGER et ADLER se contentent de 4 à 4,5mm.

Attention, du fait du système d’entraînement par le pied, la longueur de point maximale varie en fonction de l’épaisseur du travail cousu. Sur ces dernières machines, la longueur de point maxi sur 6 à 8 mm d’épaisseur sera de 3,5 à 3 mm.

Avec des aiguilles tranchantes (LL, LR, PCL, PCR etc.) ou pointues (tri, D etc.), l’ADLER 30-15 coud avec succès deux pièces de cuir tannage végétal de 4 mm d’épaisseur soit 8 mm en tout. Nous n’avons pas testé d’épaisseur plus forte mais elle doit probablement piquer au moins 10 mm. Système d’aiguille 332 de la taille 110 (fil 60/3) à 160 (fil 20/3).

Avec le même type d’aiguilles et du même système, la SINGER 29K56 coud 10 mm de cuir tannage végétal sans aucun problème. Il est possible toutefois de remplacer une pièce (culbuteur) pour augmenter la levée du pied et ainsi pouvoir coudre un peu plus épais.

10 mm de cuir assez dur. Beau point avec une aiguille de 110 droite avec du fil guipé « Rasant » de 25. Ce fil est raide et convient bien à ces machines.

La CLAES 8346-20 coud 12 mm du même cuir. Ayant un déplacement d’aiguille plus grand, elle utilise des aiguilles du système 81, plus longues que le 332).

PASSAGE EN REVUE …

Tirées de notre expérience, voici quelques infos et remarques sur les SINGER 29K71, 29K51, 29K3, 29K56, ADLER 30-15, TEXTIMA CLAES 8346-20.

TEXTIMA CLAES 8346-20 – Grosse machine d’une présentation moderne assez anguleuse, dérivée de la CLAES 8345. La nôtre est sortie d’usine en 1990. La machine monobloc est très lourde. La tête pèse une cinquantaine de kg, avec elle son bâti fonte + moteur + réducteur, elle avoisine les 100 kg. Des orifices pour le montage de roulettes sont heureusement prévus sur le bâti.
Les versions modernes sont utilisables simplement posées sur un établi car leur servomoteur compact de 120W est intégré à la tête.

Le volant est logiquement placé en façade uniquement, vue la longueur du canon. Ce volant est débrayable pour pouvoir bobiner une canette à la main sans faire tourner la machine. Il est bien sûr tout à fait possible de remplir une canette en cousant puisque le bobinoir à canettes est à débrayage automatique en fin de remplissage.
Noter que ce bobinoir est très sensible, il doit être maintenu propre et en bon état pour fonctionner correctement.

La 8346-20 utilise des canettes de taille « medium ». La 8346 permet un point de 7,5 mm de longueur au maximum. Le réglage de longueur de point est simple à réaliser, il se fait sur la tête de la machine.

Molette à dévisser pour pouvoir sélectionner la longueur de point désirée, 7,5 mm maxi.

La TEXTIMA utilisant le système d’aiguille 81 (aiguilles plus longues que celles du système 332) coud facilement deux fois 6 mm d’épaisseur de cuir dur tannage végétal avec une aiguille adaptée : tranchante, diamant etc.

La TEXTIMA est une super machine mais sa motorisation avec embrayage est pénible à utiliser, même aidée par son solide réducteur de vitesse. Il faut donc ou bien la remotoriser ou bien lui préférer sa version actuelle avec servomoteur intégré à la tête. Cette dernière option est tout de même coûteuse puisqu’il faut compter 6000 à 7000€ en neuf, que la machine soit badgée CLAES 8346 ou bien Pfaff 8346, sans pour autant disposer de la fonction de positionnement d’aiguille.

La prestigieuse TEXTIMA CLAES est rare et donc chère sur le marché de l’occasion (et la version motorisée en tête encore plus).
Les pièces détachées se trouvent en cherchant un peu mais à prix absolument exorbitant. On ne passe pas son temps à changer des pièces sur une machine, certes, mais en cas d’achat d’une occasion, une attention toute particulière est requise car avec cette machine, ne pas remarquer un défaut de fonctionnement ou une pièce  cassée ou manquante fait grimper très fortement la note !

ADLER 30-15 – C’est une machine bien construite qui coud d’un bon et beau point. Elle jouit d’une prestige important et mérité. Les dernières versions datant de 1990 (avant la fusion avec Dürkopp) ne diffèrent des premières versions que par l’esthétique modernisée. Mécaniquement ce modèle est parfaitement au point.

Machine mécaniquement très proche de la SINGER 29. Elles partagent d’ailleurs les mêmes canettes et la même navette. Mêmes capacités, mêmes performances, même système d’aiguille.

Tête de l’ADLER 30-15. Cette sous-classe possède un ressort de pied presseur à lame.

Toutefois cette Classe 30 d’ADLER présente un inconvénient majeur à l’usage y compris les dernières séries : il est très difficile voir impossible de trouver de la pièce détachée. Sur une machine achetée (forcément) d’occasion, c’est un point important car le porte-navette à pignon, le pignon intermédiaire et les crémaillères de commande de la navette sont des pièces qu’on a facilement pu oublier de lubrifier. De fait, il se peut dans ce cas que ce groupe de pièces soit à remplacer à plus ou moins longue échéance.
Pour une machine en panne, nous n’avons pas trouvé de quoi le remplacer à moins d’une refabrication très coûteuse, dommage. Si nous nous trompions sur ce point, merci de nous le signaler en commentaire ou par mail, merci.

Belle couture réalisée avec l’ADLER 30-15. La molette derrière le pied sert, comme sur la SINGER 29K, à régler la longueur du point. Comme sur son homologue SINGER, longueur de point maxi 4-4,5 mm.

SINGER série 29 – Voilà une machine plus que centenaire et qui n’a plus évolué depuis 90 ans (dernière évolution, ressort de pied presseur de type hélicoïdal et réglage de la pression par molette). Elle fonctionne tout simplement bien et sans histoires, fait un bon et beau point et a été éprouvée dans le monde entier.


Elle ne souffre aucun défaut et possède à la rigueur une seule limite : sa longueur de point limitée à approx. 4 mm (excepté la sous-classe 29K10 et 29K16, longueur de point 8mm).

Le servomoteur (paramétré pour augmenter son couple maxi) doté d’une petite poulie donne une grande force de pénétration. Avec en plus le positionnement d’aiguille, la couture se fait aussi facilement qu’avec du tissu de coton.

Son gros avantage est sa réparabilité qui est totale et à coût abordable notamment parce que ce modèle est aujourd’hui très largement réédité par des fabricants chinois.

Ces copies neuves sont vendues aux alentours de 1.500 à 2.000€ sans motorisation. Nous n’avons pas eu de machines de cette fabrication entre les mains, nous n’en parlerons donc pas davantage.

Note : sans raison valable d’un point de vue technique et alors que ce fabricant a été longtemps le plus innovant du secteur de la machine à coudre, SINGER ne bénéficie pas du prestige des machines allemandes.

LES « SPÉCIALES »

SINGER
Singer s’enorgueillissait de pouvoir concevoir et construire une machine pour répondre à n’importe quelle demande, tout était une question de prix… Ainsi de ces machines de cordonnier, SINGER a produit des 29K de sous-classes spéciales :

SINGER 29-5 : machine à 2 aiguilles (écart 3mm) mais un seul crochet toutefois ;

SINGER 29K10, 29K16 : machines à long point, 8 mm;

Bordeuses à double entraînement par pied et entraînement « bas », SINGER 29K17, 29K18, 29K22 et 29K23 ;

SINGER 29K60, machine de fabrication à grosse canette et grande vitesse (500pts/mn).

TEXTIMA / CLAES / LANDIS / PFAFF (mod. 8346)
Aujourd’hui, un module zigzag optionnel peut être installé sur la machine de base permettant de coudre en zigzag simple ou double (point intermédiaire 2 steps). Cette possibilité intéresse particulièrement l’orthopédie.
Pour le module zigzag, ajouter plus de 2.000 € hors taxe au pris de la machine !

Point droit puis zigzag simple et enfin zigzag double : remarquer les « oreilles » pivoter correspondant à l’orientation du pied entraîneur et donc à la direction du point.

Sorte de dinosaure de la machine à coudre, la machine de cordonnier a pratiquement disparu de notre environnement alors que jadis, du temps du soulier, du derby, du richelieu, du bottillon, du brodequin, de la bottine jodhpur  ou de la botte, il s’en voyait dans chaque quartier de la cité ou à l’ombre de chaque clocher, dans le monde entier.

Aujourd’hui le métier de l’orthopédie stimule un certain intérêt des constructeurs de machines pour cette mécanique si ingénieusement simple et donc une réponse industrielle à une demande encore assez modeste en volume.

Depuis quelques années, on remarque aussi un regain d’intérêt pour les choses durables ou des choses auxquelles de la valeur est accordée demandant l’intervention plus fréquente de professionnels de la réparation ou de la transformation.

Parallèlement enfin, c’est un goût pour le « faire », un intérêt pour la chose manuelle de toute une population notamment urbaine qui redonne du sens à la machine de cordonnier, véritable couteau suisse de la couture.

Et voilà que la machine de cordonnier remonte sur scène…

Composer cet article a été passionnant et c’est un grand plaisir de faire part de notre expérience avec ces attachantes machines.
Nous souhaitons à toutes celles et tous ceux qui se sont penchés sur elles de merveilleux moments de créativité et de beau travail.


Article rédigé par Shed & Max – novembre 2019.

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Textes et illustrations © Max & Shed Custom Recreation – 11/2019. Tous droits réservés. Reproduction même partielle rigoureusement interdite sauf autorisation écrite des auteurs.
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